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2017

Avishai Cohen quartet a fait vibrer l'espace culturel Bernard-Fabre, Midi Libre, le 17 octobre 2017

C'est à guichet fermé que s'est déroulé le concert d'Avishai Cohen quartet avec en première partie Lorenzo Naccarato Trio, dernièrement, à l'espace culturel Bernard-Fabre, dans le cadre du Nîmes métropole jazz festival.

Artiste reconnu de la scène actuelle, le trompettiste Avishai Cohen a conquis le public par sa présence sur scène, sa complicité avec les musiciens et un jazz contemporain et mélodieux aux empreintes New-Yorkaises.

Le groupe toulousain Lorenzo Naccarato Trio a assuré la première partie avec brio. Il a fait voyager les spectateurs dans son univers musical empruntant aussi bien au jazz qu'à la musique classique ou à celle de films. Avant le concert, le groupe a rencontré pendant deux heures les élèves de la classe de CM2 de Jean-Luc Rèche du groupe scolaire du Buffalon pour leur faire découvrir sa musique. Émotions et partage ont rythmé ce moment musical apprécié.

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Swing and blue, all through !, The Asian Age, le 16 septembre 2017

Le Lorenzo Naccarato Trio, comprenant Lorenzo Naccarato au piano, Benjamin Naud à la batterie et Adrien Rodriguez à la contrebasse, fait sa première tournée internationale et les artistes ont choisi notre ville pour leur première date ! Lors d'une conversation informelle, les musiciens nous ont partagé leur quotidien et leur passion pour la musique.

"Durant l'été de mes quinze ans, j'étais en Italie. J'aimais la musique, mais je n'avais jamais eu l'opportunité de jouer devant un public — jusqu'à ce que je joue pour ma famille au village ! C'était mon premier concert et je m'en souviens comme si c'était hier" commence Lorenzo. Avec plus de dix ans d'expérience dans le milieu, il a déjà fait plusieurs centaines de concerts de jazz. Pendant ses études de musicologie, quand il commence à songer sérieusement à faire carrière dans la musique, il rencontre Adrien et Benjamin et lance le projet du trio en 2012. "Tous deux sont des musiciens extraordinaires, j'ai une chance incroyable de jouer avec eux" ajoute-t-il.
Enchaînant différents métiers comme enseignants, chercheurs, arrangeurs ou auteurs de musiques de films, les musiciens trouvent toujours le temps de se retrouver pour répéter avant leurs concerts. Adrien qui réalise des cinéconcerts, avoue que "nous trois sommes des étudiants en musicologie mais aussi des musiciens. Je faisais des cinéconcerts pour lesquels nous étions entre le public et l'écran. L'objectif n'est pas seulement la musique ; il faut que ça colle au film. C'est très différent de nos concerts actuels — les deux sont amusants, du moment que j'ai des notes de musique ! "
Parlant de leur tout prochain concert à Chennaï, le trio nous dit : "nous présenterons notre album du Label Laborie Jazz et quelques compositions toutes neuves que nous avons enregistrées le mois dernier. Nous appelons notre musique 'jazz cinématique' pour la construction de nos compositions et notre façon de les interpréter sur scène. Nous voulons un mix de dynamisme et d'émotion pour un libre flow de notre jeu." Quand on leur demande d'où vient leur inspiration, Lorenzo répond : "certains musiciens ont eu un grand impact dans nos vies. Le plus récent d'entre eux est Bon Iver. Nous aimons l'atmosphère et l'orchestration de son album 22, A Million. Le plus important pour nous est quand quelqu'un qui écoute notre musique et notre façon de jouer chacun son instrument, peut nous reconnaître ! Aussi, nous aimons la musique instrumentale qui parvient à capturer l'émotion du public. C'est un défi que nous aimons relever."
Benjamin nous dit, en se remémorant un de ses meilleurs concerts : "à chaque fois, nous essayons de nous connecter au public, mais au Langourla Jazz Festival (France), cela a dépassé nos espérances. Quand le public applaudit et encourage avec autant de force, on ne peut plus s'arrêter. C'était bien plus qu'une interaction avec le public ce soir-là, et nous avons aimé cela. C'est vraiment l'un de nos concerts préférés."
Nous en révélant plus sur ce qui les relie, les trois amis disent : "nous nous dépassons en apprenant la musique, en découvrant en profondeur le langage du jazz et en improvisant. Quand l'un de nous écoute les autres, comprend et partage une émotion, c'est alors une grande jam-session — et cela arrive à chaque fois que l'on joue."
Et de conclure : "nous voulons continuer à écrire l'histoire que nous partageons en tant que groupe, et notre première tournée internationale nous rapproche encore plus. Nous attendons avec impatience la sortie de notre nouvel album dans les mois à venir."

Priyanka Shankar, theasianage.com



Une expérience du son, The Hindu, le 15 septembre 2017

Bangalore n'a jamais manqué d'expriences en matière de musique jazz, mais quand les mélomanes de la ville verront le Lorenzo Naccarato Trio ce weekend, la rencontre promet d'être d'un genre nouveau.
Avec Lorenzo Naccarato au piano, Benjamin Naud à la batterie et Adrien Rodriguez à la contrebasse, le Trio apporte à la fois un riche mélange d'influences et des sons qui donnent à leur jazz une touche cinématique. Au cœur de la musique du Trio, Lorenzo, le meneur, dit "il s'agit du 'jazz cinématique' – un terme que j'ai choisi depuis quelques années pour décrire comment mes compositions peuvent être écoutées et jouées." Le concept explore la musique comme une expérience cinématique basée sur des interactions sonores réalisées par de manière unique par le Trio.
Pour la première tournée internationale du trio, le groupe est excité au sujet des perspectives de ce voyage. "Nous avons travaillé dur et mis beaucoup d'énergie pour cette aventure et elle est devenue réalité. Nous espérons aussi forger ensemble de bons souvenirs" dit Lorenzo.
Il ajoute : "J'espère aussi découvrir la culture indienne et sa musique de manière globale, et j'aime les instruments traditionnels comme le santour et les tablas."
Sur la playlist du concert, on retrouvera un mix de morceaux extraits de leur premier album et du prochain, Nova Rupta qui sortira au printemps 2018. "Je compose tous les morceaux et nous les arrangeons tous les trois, avec Benjamin et Adrien. Nous espérons qu'en nous écoutant, les gens peuvent ressentir la passion avec laquelle nous jouons. Comme j'ai des racines italiennes, je me dis qu'à chaque concert, nous jouons pour nos mamans. Nous jouons pour les gens que nous aimons. Mais d'un point de vue technique, ce que les gens perçoivent le mieux, ce sont la connexion et la dynamique que nous construisons ensemble."
Fondé en 2012, le trio a débuté à Toulouse, en France. "Je terminais mes études universitaires et j'ai eu la chance de rencontrer à la suite Adrien et Benjamin, et de jouer avec eux. À ce moment-là, j'étais convaincu qu'ils étaient les mieux placés pour comprendre ma musique et pour construire un tel projet."
Avec le recul, Lorenzo avoue qu'il a fallu se battre pour cette tournée. "Être musicien n'est pas toujours facile. Si nous parlons uniquement de la musique, cela demande énormément d'énergie, de pratique et de patience pour devenir un bon musicien. Mais en plus de faire de son mieux quand on joue, il faut rendre économiquement viable son projet. Pour le trio, depuis le début, nous formons une équipe soudée et nous nous complétons les uns les autres. Ce voyage sera riche d'émotions et de belles rencontres."
À l'avenir, le Trio espère faire une tournée en Chine, et se prépare pour la sortie de son prochain album. "Nous souhaitons aussi créer un réel lien avec l'Inde, et revenir dès que possible pour promouvoir l'album."

Allan Moses Rodricks, thehindu.com



Arts à la pointe. LNT fait salle pleine, Le Télégramme, le 12 août 2017

Jeudi soir, le groupe de jazz du Lorenzo Naccarato Trio, invité par Cap Accueil dans le cadre des Arts à la pointe, s'est produit devant une salle quasiment pleine, au théâtre Georges-Madec, à Esquibien. Lauréats du tremplin jazz à Saint-Germain-des-Prés en 2013 et du tremplin jazz à Oloron (64) en 2015, les trois musiciens d'origine toulousaine ont produit l'an dernier leur premier album, fruit de cinq années de travail. Lorenzo Naccarato au piano, Adrien Rodriguez à la contrebasse et Benjamin Naud à la batterie, ont fait le show. Le public a également eu la primeur de nouveautés qui seront enregistrées la semaine prochaine sur un nouvel album.



Concert jazz pour la Saison d'hiver, La Montagne, le 6 mai 2017

Vendredi 28 avril, ce sont 110 personnes environ, qui sont venues assister au concert de Lorenzo Naccarato Trio, à la salle du Bellay de Souillac.
Ce concert jazz a été donné dans le cadre de la Saison d'hiver en partenariat avec le Théâtre de l'Usine de Saint-Céré et le Festival de Souillac en jazz.

On sent dès les premières notes une entente musicale qui règne au sein du groupe, une osmose, entre le pianiste Lorenzo Naccarato, le contrebassiste Adrien Rodriguez et le batteur Benjamin Naud, des sons qui émanent des instruments, tantôt doux, graves, puissants, les notes s'envolent, se décomposent, se séparent pour se rejoindre.

Des applaudissements qui ont confirmé la beauté de chaque morceau qui a été joué avec virtuosité. Pour clôturer ce concert cinématique Lorenzo Naccarato a joué en solo en l'honneur d'une personne qui l'a toujours soutenu dans son choix.
Un trio complet qui avec son album va aller loin, très loin.

La Montagne, édition de Brive



Le point de vue de J.P.Kuntz, La vie quercynoise #3729, le 4 mai 2017

Les trois jeunes et brillants musiciens ont offert à plus d'une centaine d'auditeurs attentifs et captivés une performance musicale originale, faite essentiellement des compositions du pianiste Lorenzo Naccarato ; le groupe éponyme est né de la rencontre de trois jeunes musiciens en 2012, actifs sur la scène jazz de Toulouse. Leurs parcours universitaires les ont amenés à développer la pratique singulière d'une théorie que le pianiste explique au public dès les premiers morceaux : le jazz cinématique. Derrière cette dénomination savante se profile la théorie d'un physiologiste français, Jules-Étienne Marey, qui soutient que dans le galop du cheval, les phases d'extension supposent toujours le repos d'au moins un membre de l'animal ; c'est l'anglais Muybridge qui en donnera la preuve scientifique en 1878, à l'aide d'un montage chronophotographique astucieux.

Quel rapport, me direz-vous, avec la musique ? Lorenzo Naccarato nous indique que c'est la notion de mouvement, de continuité qui prime dans l'exploration musicale du groupe. En effet, si les compositions s'éloignent des formats "classiques" du jazz, hérités du swing et des différentes variations du bop, elles s'inscrivent résolument dans les écritures modales plus contemporaines que nous connaissons aujourd'hui ; le public n'a pas manqué de citer des rapprochements évidents avec E.S.T., Avishaï Cohen... On pourrait ajouter Yaron Herman et toute cette nouvelle veine de trios piano.

Continuité donc ; celle notamment celle de la main gauche du pianiste qui délivre des lignes cycliques envoûtantes et magnétiques en ostinatos puissants et assure l'aération du thème. Le jeu d'Adrien Rodriguez est rond et massif : la contrebasse double souvent la main gauche du pianiste, assurant ainsi l'assise harmonique stable du propos. Une complicité toute particulière, fruit d'un travail assidu entre nos trois performeurs, est surtout lisible entre Lorenzo et Benjamin Naud, le batteur ; plus encore percussionniste, dans la nouvelle tradition de ces jeunes batteurs de jazz. En totale osmose, en "eye-contact" permanent, ces deux-là dialoguent, échangent ; la part belle est de ce fait laissée aux fûts, aux cymbales, aux objets sonores, qui chantent et content une histoire.

Benjamin Naud déconstruit les rythmes, jouant des mesures à 7, 9 ou 11 temps ; à quoi bon frapper les temps forts quand on peut le faire un peu... avant ou un peu... après ? Ce qui résulte de cette complexification du rythme, c'est une forme de déséquilibre permanent qui assure aux pièces une énergie folle et fluide. Elle permet également un travail d'ouverture de l'espace sonore comme lors de ces plages où Adrien peut faire chanter sa contrebasse à l'archet en de puissantes mélopées.

On pensera bien sûr à la notion d' "interplay" fondée par Bill Evans, dans les années 1960, synonyme d'intrication des lignes mélodiques et rythmiques de chaque protagoniste du trio, quoique cette expérience fût construite à son époque sur une base mélodique et harmonique très classique. Le trio Naccarato distille cette technique différemment aujourd'hui. On pourra penser également aux trios d'Ahmad Jamal, grand maître de l'espace et du temps ; on retrouve avec nos trois jeunes musiciens cette science de l'espace sonore, et le plaisir facétieux de sans cesse bouger les lignes rythmiques.
Le public de Souillac ne s'y est pas trompé qui a chaleureusement applaudi le Lorenzo Naccarato Trio et apprécié la petite perle classique que Lorenzo nous a offert en rappel solo : une délicate barcarolle dédiée à celle qui a initié sa carrière pianistique. Nous ne pouvons qu'être assurés que ces trois brillants musiciens sauront encore nous ravir de leur talent !

Jean-Pierre Kuntz, correspondant exceptionnel pour La vie quercynoise



Terre de jazz, Jazz Magazine, le 4 mai 2017

Sans doute l’acmé de cette huitième édition, la soirée du 29 avril a vu se succéder, sur la scène de la Salle des Fêtes de Sainte-Foy-de-Peyrolières, deux étoiles montantes de la scène française. Camarades d’études, de surcroît, à l’UER de musicologie de Toulouse. Laquelle est en train de devenir notre Berklee School, représentée aussi au festival Off par plusieurs groupes.

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Au trio de Lorenzo Naccarato – Adrien Rodriguez (b), Benjamin Naud (dm) – était accolée la qualification de « Jazz Cinétique ». Justifiée, celle-là, dans la mesure où sa musique fait sortir l’auditeur de lui-même pour l’entraîner vers des ailleurs inattendus. S’il est vrai, à en croire Diogène de Sinope, que « le mouvement se démontre en marchant », le discours développé par Naccarato et ses complices pourrait être une parfaite illustration de cet adage. À partir de la simple réitération de cellules, ou de motifs progressivement enrichis et complexifiés, le pianiste et ses complices créent un univers en mouvement. Parcours envoûtant vers un onirisme à la fois libre et rigoureux où l’espace et le temps se télescopent pour déboucher sur une manière d’harmonie supérieure. L’improvisation, brillante, d’une étonnante fluidité, les ruptures rythmiques et harmoniques s’y conjuguent pour créer une impression de liberté et de plénitude. Un tel résultat ne saurait être atteint sans le travail accompli depuis maintenant cinq ans par un trio qui a encore gagné en homogénéité. En témoigne, du reste, son premier album récemment sorti chez Laborie Jazz et auquel, sans lire dans le marc de café, on peut prédire un beau succès.

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Jacques Aboucaya, Jazz Magazine



Open jazz, sur France Musique, le 27 avril 2017

openjazz

PROGRAMMATION MUSICALE

YOANN LOUSTALOT, AÉROPHONE - Atrabile
YOANN LOUSTALOT, AÉROPHONE - Moustal
CLARCK TERRY & BOB BROOKMEYER - Tête à Tête
DAVID ENHCO - Sentinelle
JULES FARMER - You Make Me Feel So Young
OZMA - He Saved The Girl
BINKER AND MOSES - Intoxication From The Jahvmonishi Leaves
LORENZO NACCARATO TRIO - Komet
LOGAN RICHARDSON SHIFT - Creeper
ROMANE & STOCHELO ROSENBERG - Pour parler

Alex Dutilh pour Open Jazz



Les Chocs 2016, Jazz Magazine #691, février 2017

[Une approche propre] à illustrer la richesse d’une musique dont les sortilèges se déploient de maintes manières. Celle du pianiste Lorenzo Naccarato et de son trio, cultive les vertus d’une improvisation qui ne s’interdit aucun vagabondage. D’où ce concert en plein air du début de printemps, bucolique et champêtre, où la magie d’une musique aérienne s’accordait à celle du lieu.

Jacques Aboucaya, pour son Choc Concert 2016



22h04 : le portrait chinois, Le Bijou, le 14 février 2017

Merci au Bijou pour nos concerts et cet interrogatoire à chaud



Le LNT au Bijou, L'autre bistrot des accordéons, le 11 février 2017

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Si l'on se réfère à l'imaginaire des éléments, le Lorenzo Naccarato Trio, de toute évidence, se rattache au feu. L'eau est trop fluide, trop évanescente, la terre trop enracinée et trop dense, l'air trop impalpable et trop bleu, trop froid. C'est donc le feu qui convient pour symboliser la musique du trio : le comportement de Lorenzo ou l'énergie d'Adrien Rodriguez à la contrebasse et de Benjamin Naud à la batterie. Cette musique est en effet incandescente. Un jazz tout feu tout flammes. Soyons pédant : un jazz ardent, igné. Et par conséquent lumineux... C'est une musique hyper composée, souvent obsessionnelle jusqu'à devenir hypnotique, traversée par les fulgurances d'improvisations toujours étonnantes. On pense à un feu d'artifice alternant des pièces attendues et des inventions surprenantes.

Autre chose : à bien observer les trois membres du trio, on sent, comme par une sorte d'empathie, comment ils composent et construisent peu à peu chaque morceau. De ce point de vue, j'ai été frappé, en comparant les prestation du trio à Oloron et Toulouse, d'observer à quel point l'identité de sa musique est manifeste - un son, un phrasé, un style - et à quel point paradoxalement elle est différente d'une situation à l'autre. Même et autre.
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Michel Rebinguet sur le blog de L'autre bistrot des accordéons



De vrais enfants de chœur, Midi Libre, le 6 février 2017

L'association Millau en Jazz, en partenariat avec Aveyron Culture, a permis cette étonnante rencontre entre le trio Lorenzo Naccarato et les élèves de l'école élémentaire, mercredi dernier à la mairie. Avec pour but, une approche du soundpainting, cette discipline qui consiste à « diriger et créer la musique sans partition, en utilisant un langage de signes » , comme l'explique Adrien Rodriguez, contrebassiste du groupe, aux enfants.
Pour Philippe Fayret, administrateur de Millau en Jazz, ces interventions en milieu scolaire sont primordiales:

Elles permettent de toucher un public peu amené à participer aux concerts, mais aussi de vulgariser la musique. Ici ils sont amenés à participer, ce qui leur permet une approche de cette esthétique musicale.

Entre écoute et participation
L'intervention commence par une phase d'apprentissage des signes élémentaires. Les élèves les retiennent scrupuleusement. Bien plus ludique que les tables de multiplication. Sous l'œil bienveillant de leur maîtresse, Patricia Bonnet, tous écoutent les artistes avec une grande attention. L'exercice se fait sur fond de piano et de batterie, assuré par les deux autres musiciens du trio, Lorenzo Naccarato et Benjamin Naud. Lorsqu'Adrien crée un C avec sa main, tous font du bruit, uniformément, la bouche fermée. Lorsqu'ensuite il fait remonter deux de ses doigts, formant le V de volume, le long de son bras, ils chantent de plus en plus fort. Mais s'il forme deux boucles avec ses mains, hop, plus un bruit. Les enfants se prêtent au jeu, le sourire aux lèvres.

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Trois musiciens aux influences multiples
Ayant longtemps sillonné les pianos-bars toulousains, Lorenzo Naccarato s’est peu à peu créé un jazz bien à lui, aux aspirations diverses. Un jazz qu’il revendique comme cinématique. Intégrant le mouvement dans sa musicalité. Il forme un trio de caractère aux côtés de Benjamin Naud et Adrien Rodriguez. Désormais reconnus, ils enchaînent les concerts et festivals. Cette année, ils ont intégré la programmation de Millau en jazz.

Camille André



Le hors festival Millau Jazz, La Dépêche du Midi, le 1er février 2017

La saison hiver/printemps du Millau Jazz Festival a été lancée dernièrement à la salle René Rieux. [...] Huit dates qui ponctueront le calendrier jusqu'au mois de juin. Des rendez-vous musicaux au croisement des genres fait de découverte, d'artiste plus connus, qui viendront le temps d'une soirée poser leurs valises à Millau et dans d'autres lieux plus inattendus du sud-aveyron.

Ce vendredi 3 février, c'est le village de Buzeins qui accueillera la formation Lorenzo Naccarato Trio. C'est à Toulouse que ce pianiste italien s'est épanoui musicalement. Après un passage à la Guinguette du Chayran en 2015, il viendra présenter son nouvel album éponyme. Un jazz cinématographique qui transporte et raconte une histoire. À ne pas louper.

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Comme à la radio, RCF, le 30 janvier 2017

rcf

Coup de cœur du moment

Alex Benvenuto et Laurent Lapchin, sur rcf.fr



2016

Banzzaï, Des soucis plein les notes, sur France Musique, le 29 décembre 2016

banzzai

PROGRAMMATION MUSICALE

LENA HORNE - I Got A Worried Man
ROBERT AARON - Trouble Man
RAY CHARLES - Worried Life Blues
SIDNEY BECHETT & HIS NEW ORLEANS FEETWARMERS - Georgia Cabin
CHARLES X AND REDRUM - Leaves Ur Worries
SAM RIVERS - Tranquility
LORENZO NACCARATO TRIO - Heavy Rotation
NORAH JONES - Burn
PAT METHENY - Don’t Know Why
SKIP JAMES - Worried Blues

"Heavy Rotation" n'a pas fini de tourner sur les ondes de France Musique... Quelle fierté de finir cette année 2016 par un passage sur Banzzaï, Le jazz sur France Musique.
Encore un immense merci à Nathalie Piolé!



Jazz. Les 20 meilleurs disques de 2016, sur observador.pt, le 25 décembre 2016

La Suisse, le Luxembourg, la Norvège, la Finlande et le Portugal sont quelques uns des pays où l'on trouve les meilleurs disques de jazz en 2016, une année de récolte abondante qui confirme l'extraordinaire vitalité du jazz.

La fragmentation et la dissolution des frontières de l'univers du jazz se poursuit à un rythme imparable, et tant mieux. Celui qui croit que le jazz est un "style", défini par un ensemble de marques identifiables aussi fixées que dans un disque d'Oscar Peterson ou d'Art Blakey de la fin des années 50, désapprouvera ou pleurera sur une "décadence". Celui qui entend que le jazz est une question d'attitude et non la reproduction des modèles de n'importe quelle époque de son histoire longue de plus d'un siècle, celui-là sentira que nous vivons en des temps excitants.

Les 20 meilleurs CD

Dans un monde si diversifié et bouillonnant, il ne faut pas comparer ce qui n'est pas comparable - les pommes ne sont pas meilleures que les oranges et vice-versa - aussi l'ordre des disques suivant ne reflète aucune hiérarchie : ils sont tous exceptionnels, chacun à sa manière.
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13. Lorenzo Naccarato: “Lorenzo Naccarato Trio” (Laborie Jazz)

En 2012, un pianiste franco-italien, avec de solides bases en musique classique et après quelques années de recherches sur Thelonious Monk, s'est allié à deux Français, Adrien Rodriguez (contrebasse) et Benjamin Naud (batterie) pour former un trio qui a démarré 2016 avec une œuvre débordante de lyrisme, d'énergie et d'invention.
Même dans les moments les plus calmes, on ressent la pulsation vibrante et vitale, et l'interaction des musiciens, qui se complètent et se défient. Le piano peut assumer les fonctions du mouvement perpétuel, la contrebasse semble incarner une guitare électrique hendrixienne, et la batterie, en même temps qu'elle marque les temps, se transforme en caléidoscope de timbres.

José Carlos Fernandes, pour Observador (Portugal)



Banzzaï, Au commencement..., sur France Musique, le 21 novembre 2016

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PROGRAMMATION MUSICALE

ESTHER PHILLIPS - Just Say Goodbye
LESTER YOUNG & TEDDY WILSON QUARTET - Love Me Or Leave Me
ELLA FITZGERALD - Love Me Or Leave Me
KAREN SOUZA & STELLA STARLIGHT TRIO - Tainted Love
JOE LOVANO - Stella By Starlight
CANNONBALL ADDERLEY - Oh Babe (live)
LORENZO NACCARATO TRIO - Heavy Rotation
DIZZY GILLESPIE BIG BAND (ft Sarah Vaughan) - Don’t Blame Me
THELONIOUS MONK - Eronel
CHARLES MINGUS - Jump Monk

Un grand merci à Nathalie Piolé de poursuivre les rotations... sur France Musique



Les spécialistes, France Bleu Limousin, le 21 novembre 2016

logofrancebleu

Vous les avez peut-être découvert lors du Festival Éclats d'Émail. Le Lorenzo Naccarato trio nous propose un jazz où tout de suite nous viennent à l'esprit des images. Cette musique déploie des univers proches de roadmovies, car ils aiment bien jouer sur des cellules, des courts éléments mélodiques qu'ils allient les uns aux autres et qu'ils se passent. Comme si un mouvement passait de l'un à l'autre. [...] Cela nous donne une impression d'espace ou de plusieurs couleurs. Jouant aussi sur des ruptures: cela peut être aérien, fantomatique et tout à coup beaucoup plus rock...

Véronique Henry et William Bensimhon, sur France Bleu Limousin



Escapade au pays du jazz, U'ZOOM #19, oct.-nov.-déc. 2016

Proposé par le Centre d'Initiatives Artistiques du Mirail, Jazz à la Fabrique présente le répertoire d'artistes de jazz formés à l'Université Toulouse Jean-Jaurès qui ont depuis délaissé les bancs de la fac pour se professionnaliser.
Lorenzo Naccarato a étudié pendant dix ans le piano classique, avant d'entamer un parcours en musicologie à Toulouse. De sa rencontre avec Benjamin Naud (batterie) et Adrien Rodriguez (contrebasse) est né en 2012 le trio qui porte son nom. En quatre ans, le groupe a été lauréat de plusieurs tremplins dont ceux de Saint-Germain-des-Prés en 2013 et Jazz à Oloron en 2015. En 2016 est sorti un premier album. Ce jeune trio propose un jazz cinématique dont les boucles répétitives livrent un scénario sonore dans lequel on se laisse doucement glisser.

Aurélia Le Faou



Le pétillant trio de Laborie Jazz, BSC News, le 20 octobre 2016

Le label Laborie Jazz revient avec une nouvelle trouvaille sur la scène Jazz. Le jeune pianiste Lorenzo Naccarato emmène avec lui Benjamin Naud (batterie) et Adrien Rodriguez (contrebasse) pour un trio virevoltant autour de son jeu assuré et enthousiaste.
Autour des 5 morceaux qui composent Trio, on sent très nettement la patte musicale pétillante de Lorenzo Naccarato. On pense notamment à Komet comme une introduction qui donne la teneur des autres compositions avec un petit quelque chose de Shaï Maestro à ces débuts sous le même label. Le jeune pianiste nous propose un album tout en mélodies, bien équilibré quelque soit le rythme choisi avec une vraie force de persuasion musicale. Séduisant.
Ce trio est encore le preuve que Laborie Jazz est ce défricheur de talent qui fait du bien au Jazz français. Fondez pour le Trio de Lorenzo Naccarato.

Nicolas Vidal, bscnews.fr



Jazz sur son 31 : Le Festival fête ses 30 ans à Toulouse, TVSud, le 12 octobre 2016

Jazz sur son 31 fête ses 30 ans. Le festival toulousain propose une programmation très soutenue dans différents lieux du département. Au programme, des têtes d'affiches comme Manu Katché, Popa Chubby ou encore Ibrahim Maalouf mais aussi de jeunes à découvrir, dont certains de la région comme ces jeunes toulousains du Lorenzo Naccarato Trio.

Ludovic Brimbeuf, TVSud



À la découverte de Lorenzo Naccarato, Jazz à bâbord, le 30 septembre 2016

Un trio piano – contrebasse – jazz, un premier disque pour Laborie Jazz en mars 2016 et des idées précises sur sa musique, partons à la découverte de Lorenzo Naccarato…

La musique

Au départ, c'est la rencontre avec un professeur particulier de piano et de chant, d'origine suisse italienne, qui a déclenché mon envie de me consacrer au piano... J'avais sept ans. Ma mère a su me soutenir et m'encourager. Je me suis donc accroché pour continuer mon apprentissage de la musique et, de sept à dix-huit ans, j'ai pris des cours particuliers de piano, principalement classique. Après le bac, je suis parti à Toulouse. Initialement je devais aller en hypokhâgne, la classe prépa lettres… Mais j'ai pris la décision de me consacrer pleinement à l'étude de la musique et du jazz ! Je me suis donc inscrit en musicologie, spécialité jazz, à l'Université Jean-Jaurès de Toulouse II.
Quand j'étais petit, j'assistais au festival Jazz dans le Bocage, un festival dans l'Allier, région où j'ai grandi. C'est là que j'ai découvert des artistes comme Marcus Miller, James Carter, Sophie Alour... Mais c'est vraiment vers l'âge de dix-sept ans que je me suis intéressé au jazz, grâce à la musique cubaine : je suis allé exprès à Jazz in Marciac pour écouter Roberto Fonseca, Bebo et Chucho Valdes, Richard Bona, Jamie Cullum…

Les influences

Le premier musicien qui m'a vraiment marqué et qui a réellement déclenché une autre approche de la musique, je l'ai découvert dans le film du Buena Vista Social Club, c'est Ruben Gonzales. Evidemment, Frédéric Chopin et Erik Satie, que je joue depuis toujours, sont aussi des références ! Vers dix-huit ans, j'ai aussi découvert Giovanni Mirabassi. Mais il y a deux grandes figures qui me tiennent lieu de repères absolus : Thelonious Monk, dont la musique – et plus particulièrement les silences – m'ont accompagné pendant les deux années de mon master, et Andy Emler, avec qui j'ai eu l'immense plaisir d'échanger au cours de ces dernières années autour de mes compositions, de mon approche de la musique, mais aussi de la vie…

Cinq clés pour le jazz

Qu'est-ce que le jazz ? C'est une belle manière d'approcher la musique… Selon moi, le jazz privilégie les notions de partage, d'esprit d'aventure et d'audace !
Pourquoi la passion du jazz ? Il me permet de façonner mon ressenti et de comprendre celui des musiciens avec qui je joue…
Où écouter du jazz ? N'importe où, mais avec son cœur !
Comment découvrir le jazz ? Il faut aller écouter des concerts...
Une anecdote autour du jazz ? Pendant l'enregistrement de « The Man I love », Monk et Miles Davis ne se comprennent pas et Monk arrête de jouer : c'est le plus célèbre des silences monkiens.

Le portrait chinois

Si j'étais un animal, je serais un bouc, têtu, joueur et tenace…
Si j'étais une fleur, je serais un perce-neige parce que c'est la fleur préférée de ma maman !
Si j'étais un fruit, je serais une papaye, parce que je suis né en Guyane française et j'ai une photo de moi bébé, devant une énorme papaye…
Si j'étais une boisson, je serais du Chinotto ou du café
Si j'étais un plat, je serais du risotto
Si j'étais une lettre, je serais Z
Si j'étais un mot, je serais infini
Si j'étais un chiffre, je serais 2
Si j'étais une couleur, je serais rouge
Si j'étais une note, je serais ré bémol

Les bonheurs et regrets musicaux

Je suis heureux d'être musicien, de vivre en jouant la musique qui m'anime, avec des gens que j'aime… Et je n'ai aucun regret ! Je pense qu'il faut avoir beaucoup de patience et de ténacité pour réussir à grandir et à se développer dans le domaine du jazz aujourd'hui. Parfois, j'ai pu me sentir lassé de tous les efforts qu'il faut déployer pour trouver des scènes, pour continuer à faire vivre le trio, pour se faire une place... Mais j'ai plutôt tendance à regarder devant moi, donc il n'y a aucun regret possible… Bien au contraire !

Sur l'île déserte…

Quels disques ? Yesterday You Said Tomorrow de Christian Scott, Live in Tokyo de Monk et Another One de Mac DeMarco.
Quels livres ? Tout ce que je pourrais trouver d'Italo Calvino, des Tintin et un Sherlock Holmes.
Quels films ? Les lumières de la ville de Charlie Chaplin et le Buena Vista Social Club.
Quelles peintures ? Vassily Kandinsky, Jean-Michel Basquiat…
Quels loisirs ? Mon jeu de cartes napolitaines et de quoi jouer : un piano, un ballon, du ping-pong…

Les projets

Avant tout, continuer de grandir musicalement dans le projet du trio : c'est la première fois depuis que je suis musicien professionnel, donc depuis mes dix-neuf ans, que je travaille avec une maison de disque, un manager et une maison d'édition… Je peux donc, pour la première fois, me consacrer exclusivement à la pratique de la musique et à la création ! Et j'attends avec impatience l'enregistrement de mon deuxième album au Studio Sextan, toujours pour Laborie Jazz et toujours avec le trio !

Trois vœux…

Aimer. Jouer. Vivre.



Au Théâtre de l'Usine, Souillac en Jazz, le 15 septembre 2016

Les trois gamins sont de la graine de grands trios comme The Bad Plus, E.S.T., Kühn Jenny-Clark Humair. C'est un véritable groupe où le pianiste se double d'un magnifique compositeur, le contrebassiste Adrien Rodriguez a beaucoup d'originalité et tire des sons improbables de son instrument, que ce soit à l'archet ou par effets. Benjamin Naud, le batteur aux mains de velours est attentif et emballe avec classe toutes ces histoires que nous raconte le groupe, pour nous emporter avec eux.

Jazz News leur a consacré une demi-page récemment.

Robert Peyrillou, Souillac en Jazz, le blog



Club Jazz à FIP sur FIP radio, le 1er juillet 2016

jazz fip

PROGRAMMATION MUSICALE

19h01 : BRANFORD MARSALIS QUARTET
19h10 : FLORIAN PELLISSIER QUINTET - The Hipster
19h16 : YOUN SUN NAH - Momento Magico
19h21 : ANITA O DAY - Slaughter On 10th Avenue
19h27 : BAPTISTE HERBIN - Parker 51
19h31 : MARVIN PARKS THE RONGETZ FOUNDATION - The Braggart
19h36 : KAMASI WASHINGTON - Cherokee
19h44 : SEBASTIEN BRUN VINCENT LAFONT GUILLAUME MAGNE JOCE MIENNIEL - Neon Metropolis Offshore
19h49 : THOMAS DE POURQUERY SUPERSONIC - Enlightenment
19h53 : LORENZO NACCARATO TRIO - Heavy Rotation
19h59 : BONOBO - Don T Wait

Nouvelle rotation, avec Charlotte Bibring et Patrick Derlon, pour bien démarrer juillet, encore et toujours sur FIP.



Jazz in Blue sur R.I.G., le 30 juin 2016

Une petite halte sur Radio Iguanodon Gironde, dans l'émission de Sabato Bosco.



Club Jazz à FIP sur FIP radio, le 7 juin 2016

jazz fip

PROGRAMMATION MUSICALE

19h02 : SHOLA ADISA FARRAR - I Have A Dream
19h07 : GENE AMMONS - Moito Mato Grosso
19h14 : EMANUEL HARROLD ALICIA OLATUJA GREGORY PORTER AARON JAMES CHIP CRAWFORD - French African Queen
19h18 : KARRIEM RIGGINS ESPERANZA SPALDING MATTHEW STEVENS - Judas
19h22 : LORENZO NACCARATO TRIO - Heavy Rotation
19h29 : MADELEINE
19h32 : WILLIE BOBO GABOR SZABO - It Was A Very Good Year
19h34 : ERROLL GARNER - Lullaby Of Birdland
19h41 : ANNE PACEO - Today
19h44 : ISABEL SORLING BENJAMIN MOUSSAY FABRICE MOREAU AIRELLE BESSON - Radio One
19h50 : LEE MORGAN - The Rumproller

Et encore un tour, en rotation lourde sur FIP ! Merci à nouveau à Jane Villenet et Patrick Derlon, toujours sur FIP.



Club Jazz à FIP sur FIP radio, le 26 mai 2016

jazz fip

PROGRAMMATION MUSICALE

19h01 : DAVE LAMBERT - Everyday
19h06 : GRANT GREEN - On Top Of Old Smokey
19h13 : LORENZO NACCARATO TRIO - Heavy Rotation
19h20 : RHABDOMANTIC ORCHESTRA MANUEL VOLPE - Maatkara
19h24 : ANNE PACEO - Sunshine
19h28 : JOSH NELSON ANTHONY WILSON - The Geranium
19h34 : PRINCE - Rainbow Children
19h44 : FRANCESCO BEARZATTI TINISSIMA 4ET - Long Train Running
19h50 : JAY BELLEROSE INDRA RIOS MOORE BENJAMIN TRAERUP THOMAS SEJTHEN UFFE STEEN - Little Black Train
19h54 : GLENN MILLER - Chattanooga Choo Choo
19h58 : XAVIER DESANDRE NAVARRE - Mango Flower

Nous sommes fiers d'avoir vu l'un de nos morceaux (Heavy Rotation) programmé lors de la mythique émission Club Jazz à FIP ! par Jane Villenet et Patrick Derlon sur FIP, donc.



Rattrapage : la musique mystérieuse Notes de jazz, le 20 mai 2016

On peut dire sans se tromper que Lorenzo Naccarato est un jeune pianiste prometteur, que son trio avec son disque éponyme « Lorenzo Naccarato trio » (Label Laborie distribution Socadisc) est porteur de tous les espoirs. Ce serait juste mais sévère aussi. Car cette musique est à coup sûr plus haute d’intention que cela. Et dès maintenant, dès aujourd’hui. Le pianiste y fait entendre non seulement l’univers dont il vient, celui de la musique classique et du XX° siècle, celle de Debussy, de Ravel, de Satie mais aussi un monde insaisissable, donc très personnel et très beau, qui lui est propre. Il est accompagné avec invention par Adrien Rodriguez (b) et Benjamin Naud (dm) qui créent une sorte d’équilibre, mais d’équilibre fragile, se mettant toujours en jeu et en question et qui est, très précisément, ce qui convient au propos du pianiste.

Michel Arcens, notesdejazz.unblog.fr



Lorenzo Naccarato Trio, Jazz à bâbord, le 16 mai 2016

En 2010, à l’occasion d’une master class avec Claude Tchamitchian, le pianiste Lorenzo Naccarato rencontre le contrebassiste Adrien Rodriguez. Deux ans plus tard, ils montent un trio avec Benjamin Naud à la batterie.
Le premier disque, Lorenzo Naccarato Trio, sort chez Laborie Jazz le 10 mars 2016. Il contient cinq morceaux signés Naccarato. Le trio ne se centre pas sur le pianiste et s’efforce de développer collectivement les thèmes: avec ses ostinatos et la frappe sèche et mate de la batterie, «Komet» prend des allures pop; sur une pédale du piano, suivie de boucles aux consonances orientales, «Animal Locomotion» se déroule sur un mouvement répétitif, avec une contrebasse puissante, mais minimaliste, et une batterie qui fourmille; «Breccia» est une ballade de bon goût; les splash sur les cymbales et l’archet emphatique confèrent un caractère majestueux à «Mirko Is Still Dancing»; les riffs soutenus et les motif circulaires tendus du piano, la contrebasse qui joue les guitares électriques… donnent un côté rock à «Heavy Rotation».

Lorenzo Naccarato Trio propose une musique séduisante, dense et maitrisée.



Nouveauté: LNT, Jazz Magazine #683, mai 2016

Basé à Toulouse et lauréat de plusieurs tremplins, cet ensemble emmené par le jeune pianiste Lorenzo Naccarato s'inscrit en droite ligne d'une certaine esthétique contemporaine du piano trio: mélodies accrocheuses (Animal Locomotion), riffs hypnotiques à la main gauche, rythmiques binaires inspirées du rock, effets électroniques (principalement sur la contrebasse). Ce qui les distingue pourtant de la masse et maintient constamment l'auditeur en éveil? Un sens incontestable de la construction et de la dramaturgie, qui fait de chacune des cinq pièces de ce fort bref opus (32 minutes!) une sorte de mini-suite pleine de rebondissements, de contrastes et de virages inattendus. Ici la force motrice des ostinatos ne tourne pas à vide comme chez tant d'autres, elle mène toujours quelque part, vers un ailleurs. Si l'improvisation ne tient qu'une place congrue dans cette démarche, il y a là l'incontestable identité d'un groupe, qu'on ne peut qu'encourager à pousser plus loin encore ses recherches.

Pascal Rozat



Banzzaï, Un jeu d'enfant, France Musique, 24 avril 2016

france music

PROGRAMMATION MUSICALE

ELLA FITZGERALD - The Boy From Ipanema (live)
ANTONIO CARLOS JOBIM - Children’s Games
CAETANO VELOSO & GILBERTO GIL - Toda Menina Baiana
DOM SALVADOR E ABOLIÇAO - Uma Vida
BETTY LAVETTE - Joy
SARAH VAUGHAN - Jump For Joy
BLUE MITCHELL QUINTET - Hi Heel Sneakers
LORENZO NACCARATO TRIO - Komet
MAGIC MALIK ORCHESTRA - Madness
DHAFER YOUSSEF - Hayastan Dance
JACK DEJOHNETTE & FODAY MUSA SUSO - Ocean Wave
ERIK TRUFFAZ QUARTET & ANNA AARON - Blue Movie

Nathalie Piolé a malicieusement placé dans sa programmation notre "Komet", pour une matinée dominicale en douceur cosmique...



Toulousain l'ouverture, Jazz News Magazine #51, avril 2016

Issu de la bouillonnante scène musicale toulousaine, le pianiste Lorenzo Naccarato, 26 ans, présente ces jours-ci son premier projet homonyme en tant que compositeur: un EP - ou concentré d'album - en cinq chapitres de musique dite "cinématique", adulte voire intellectuelle, mais jamais absconse. Ex-prépa hypokhâgne à deux doigts d'embrasser la carrière de traducteur italien-français, le garçon est à l'aise dans l'explication de texte :

À l'instar du photographe Eadweard Muybridge, pionnier à la fin XIXe siècle des décompositions du mouvement, notre musique décline des motifs. Elle est suffisamment figurative pour qu'on puisse se passer, en live, de projection d'images en fond de scène.

Librement inspirée d'E.S.T., Christian Scott ou Avishai Cohen, cette musique est surtout très exigeante, dans la recherche des timbres ("Heavy Rotation", où la contrebasse sous distorsion a nécessité la mise au point de nouveaux micros électromagnétiques) comme dans la gestion des mesures composées ("Breccia", brèche en italien, avec son cycle en 8,7 et 3 temps). Si Lorenzo a la formation ad hoc (dix ans de piano classique, master en jazz au département musicologie de l'université Toulouse Jean-Jaurès, avec travail de recherche sur "Le silence dans la musique" chez Thelonious Monk), c'est aussi le cas de ses complices. Adrien Rodriguez (29 ans, contrebasse) sort dûment diplômé du Conservatoire de Toulouse, et Benjamin Naud (32 ans, batterie) du département musicologie de l'Université de Poitiers. Ensemble, ils sont lauréats de deux tremplins: Jazz à Saint-Germain-des-Prés en 2013 et Jazz à Oloron en 2015.
Le trio ne s'est pas seulement forgé une personnalité au contact de tuteurs bienveillants comme Enrico Pieranunzi, Claude Tchamitchian ou Andy Emler. L'expérience nocturne, dès 19 ans, des piano-bars chics de Toulouse a fait de Lorenzo ce professionnel capable de donner invariablement le meilleur... même devant un public famélique, comme à l'Athéna d'Ergué-Gaberic (Finistère) en novembre 2015. Pianiste, mais aussi arrangeur depuis le spectacle "Les Inoubliables" au Théâtre National de Toulouse en février 2014, il s'est frotté avec succès à l'adaptation pour octet des thèmes d'Ennio Morricone et Nino Rota. On sait désormais d'où lui vient sa maîtrise du contraste.

Jean-Christophe Gaugé, Figure d'actu pour Jazz News Magazine



Petit prince du jazz toulousain, Le Brigadier #19, mars-avril 2016

Portrait
Cheveux en bataille juste ce qu'il faut, veste cintrée bien coupée, Lorenzo, 26 ans au compteur, affiche un large et franc sourire sur son minois de premier de la classe. Normal, son premier album sort en ce moment et on va pouvoir parler de sa passion. Rien ne semble pouvoir rendre plus enthousiaste le petit prince du jazz toulousain.

Rencontre.
Pour décrire son travail, il pèse chaque mot. Comme il pèse chaque note lorsqu'il compose, souvenir de ses années d'étudiant en musicologie, passées à décrypter des partitions et à étudier des nuits entières des séquences de piano, son instrument de prédilection.
Aujourd'hui, le jeune homme semble ne pas avoir cessé d'être un chercheur, disons même, un scientifique. Son goût pour la justesse et la précision s'exprime dans ses compositions pour le trio qu'il a formé: «Mon intention est de produire une musique lisible, d'être compris. Il y a toujours eu dans mon travail une recherche de clarté.» Assurément perfectionniste.
Le Lorenzo Naccarato Trio voit le jour en 2012. Cette forme colle parfaitement à sa recherche esthétique: «Dans le trio, tout est mis en lumière. Il y a un aspect très nu. Il faut faire attention à tout, car rien ne peut être masqué», confie-t-il. Épurer, garder l'essentiel, et ne pas jouer pour ne rien dire.

Jazz cinématique
Le pianiste travaille le visuel dès le début. Mettre des images sur sa musique, c'est pour lui indispensable. Sa découverte du photographe Muybridge, célèbre pour ses travaux sur la décomposition du mouvement, sonne comme une révélation: «Dans ses séquences, il y a de la musicalité et du silence. Muybridge décline des motifs, ce que je fais moi avec la musique.» Ses réflexions profondes sur sa musique, mises en perspective avec les arts visuels, le conduisent à nommer son travail «jazz cinématique». Autrement dit, une musique dans laquelle le mouvement occupe une place centrale.
Et sur scène? Lorenzo et ses complices du trio, Benjamin Naud et Adrien Rodriguez, s'efforcent de produire une musique toujours vivante. « L'important est de faire, avant tout, de la musique ensemble. Toujours habiter ce que l'on fait et ne pas avoir peur de se mettre en danger.» Ce qui explique leur succès auprès du public, notamment en juillet dernier, lors du tremplin (qu'ils ont remporté) Jazz à Oloron. «On a retourné la salle!», raconte Lorenzo, les yeux pétillants, comme si c'était hier. Mais la vraie consécration arrive cette année, avec la sortie de leur album, le 11 mars. Le jeune musicien ne semble pas encore y croire complètement. Il va pourtant falloir qu'il s'y fasse: ce n'est que le début.

Claire Villard, Le Brigadier, les arts de la scène passés en revue



Chronique : LNT, Citizen Jazz, le 27 mars 2016

Depuis quelques années, notamment dans la région toulousaine, on croise très régulièrement le trio de Lorenzo Naccarato. On l’a ainsi vu à Jazz sur son 31, Querbes, Millau, Luchon, Muret… Sans compter les tremplins de Vannes, Saint-Germain et Oloron où il a carrément fait bonne figure. C’est donc une formation au parcours prometteur qui sort son premier album. Ou plutôt un EP car si on doit pointer un (relatif) mauvais point, c’est que ce disque fait à peine un peu plus de 30 minutes. On espère donc qu’il s’agit d’une mise en bouche avant la sortie d’un album plus conséquent.

Philippe Fayret a pu faire le lien avec E.S.T. et Avishai Cohen. Ces références sont peut-être trop prestigieuses pour être immédiatement pertinentes : on ne compte plus les formations, notamment configurées en piano/basse/batterie, biberonnées à la musique du trio suédois ou à celle du contrebassiste américain. Et puis, il y a toujours quelque chose de trop grandiloquent à convoquer E.S.T. ou Avishai Cohen. Trop d’éloges tuent l’éloge. Pourtant, reconnaissons qu’il est difficile de ne pas évoquer ces groupes tant le trio de Lorenzo Nacarrato fait le choix d’une musique répétitive axée, entre autres, sur la déclinaison de motifs.

Le jeu de contrebasse d’Adrien Rodriguez ne ressemble pas exactement à celui de Dan Berglund. Il utilise moins les pédales d’effets et notamment la distorsion. Pourtant la transformation du son est un élément caractéristique du jeu d’Adrien Rodriguez, tout comme l’utilisation fréquente de l’archet. Mais le parallèle le plus convaincant avec le célébrissime trio suédois est le lien entre jazz et pop. Car la musique du trio ne swingue pas. Ou pas souvent. La batterie de Benjamin Naud y contribue énormément en amenant plus de puissance que de swing, notamment sur « Komet », « Heavy Rotation ».

Cet album sans nom est une belle œuvre mais véritablement trop courte pour assouvir la soif d’émotions que nous propose ce trio. On attend la suite avec fringale.

Gilles Gaujarengues, Citizen Jazz



Déclectic Jazz, sur Declic Radio, le 24 mars 2016

declicradio

PROGRAMMATION MUSICALE

THE BIG HUSTLE - Kool
THE BIG HUSTLE & MELISSA MC MILLAN - I need to be a hustler
THE BIG HUSTLE - Detroit Girl
CÉLINE BONACINA CRYSTAL QUARTET - Crossing flow
CÉLINE BONACINA CRYSTAL QUARTET - Cyclone
CÉLINE BONACINA CRYSTAL QUARTET - On the road
AFROJAZZ - Diarabie
AFROJAZZ - Africa
ROBERT GLASPER - Good morning
ROBERT GLASPER - The Worst
MÉDÉRIC COLLIGNON - Brubaker Adagio's and Coda
DAVID VOULGA - Bee Love
DAVID VOULGA - Saint-Louis Sénégal
DAVID VOULGA - Inner child
LORENZO NACCARATO TRIO - Komet
LORENZO NACCARATO TRIO - Heavy Rotation
BENJAMIN FAUGLOIRE PROJECT - Foundations
BENJAMIN FAUGLOIRE PROJECT - Alive
STÉPHANE TSAPIS TRIO - Karaghiozis in Wonderland
STÉPHANE TSAPIS TRIO - Fièvres
STÉPHANE TSAPIS TRIO - Goldman Sucks
MANU KATCHÉ - Introducción
MANU KATCHÉ - Rolling
MANU KATCHÉ - Unstatic

Nicolas Pommaret, sur Declic radio



Interview du trio à Caramel Mou, Radio Campus.fm, le 18 mars 2016

Trois musiciens et un trio plein de promesses. La joie de jouer est là. L’osmose, l’écoute, l’entente également. Plus qu’un trio, un groupe… partageant une même idée du collectif.
Et si pour le moment la quasi totalité des compositions sont amenées par Lorenzo Naccarato, elles sont merveilleusement digérées et portées par les deux autres musiciens qui se les approprient totalement tout en les envisageant selon des points de vues différents et personnels.
Portée par une volonté de construire un jazz mélodique, très pop dans l’esprit, la musique du Naccarato trio joue également d’une parfaite maîtrise des variations autour d’une phrase simple, créant un effet de tension assez jubilatoire. Trio à suivre!

Joe Kangourou, Caramel mou n°727 sur Radio Campus.fm



Jazz : un trio attachant, salon-litteraire.com, le 17 mars 2016

Devant la profusion de disques publiés chaque mois, il paraît bon, et même nécessaire, d’en signaler quelques-uns. Ils méritent, par leurs qualités, leur originalité, d’être mis en exergue. Non qu’ils soient les seuls à sortir du lot, bien sûr. Mais il faudrait des jours de quarante-huit heures pour tout écouter et prétendre à l’exhaustivité ! On se bornera donc ici à en citer [un] parmi les plus dignes d’intérêt.

L’album d’un jeune pianiste, Lorenzo Naccarato, dont les apparitions en trio, à Toulouse et dans le Sud-Ouest, ont suscité chez les amateurs une curiosité de bon aloi. Non en raison d’une technique pianistique exceptionnelle : à l’heure actuelle, tous les jeunes musiciens, issus d’écoles de musique ou de conservatoires, font preuve d’une maîtrise instrumentale que leurs aînés ne manifestaient pas toujours. Beaucoup, à l’image de Naccarato qui a étudié dix ans le piano classique, ont un solide bagage. À quoi il convient d’ajouter une curiosité qui les ouvre à toutes les musiques.

L’originalité de ce dernier (et du trio qu’il forme avec Adrien Rodriguez et Benjamin Naud) est ailleurs. Si la formule « canonique » du trio piano-contrebasse-batterie est respectée, l’entente, pour ne pas dire l’osmose, est telle entre les trois partenaires que le traitement des compositions du leader reflète une rare unité de sensibilité et d’inspiration. Chacun s’inscrit en effet dans une démarche collective, relayant selon sa propre personnalité les idées du pianiste, leur fournissant contrepoints, développements ou commentaires. Tant et si bien que l’auditeur a l’impression d’une création spontanée dont l’homogénéité résulte d’une véritable complicité.
Il va sans dire que cet album éponyme, le premier enregistré par le groupe, reflète imparfaitement l’impression d’absolue fraîcheur reçue en direct. Mais, outre qu’il aura le mérite de faire connaître de jeunes musiciens talentueux, il permet de mieux appréhender, voire décortiquer la manière du pianiste.
Non qu’elle se puisse réduire à celle de ses maîtres, avoués ou implicites : Thelonious Monk pour l’utilisation du silence, Jacky Terrasson, pour le toucher percussif et les figures rythmiques. Voire Keith Jarrett pour l’usage de la réitération. Celle-ci, même si elle apparaît parfois un peu trop systématique, lui est un tremplin pour l’essor de son imagination. Laquelle s’abreuve aussi bien au jazz qu’à la musique classique et contemporaine. C’est Antée reprenant vigueur en touchant terre, et ces ressourcements sont souvent, pour l’auditeur, source d’intense plaisir.

Jacques Aboucaya, salon-litteraire.com



Présentation du trio à Jazz Bazar, Radio CKIA Québec, le 13 mars 2016

Notre Trio arrive outre-atlantique, présenté dans l'émission de Jazz Bazar d'Alain Lalancette sur Radio CKIA.
(à la seconde heure de l'émission)



Leur jazz nous donne la chair de poule, La Dépêche du Midi, le 6 mars 2016

Adrien Rodriguez, lotois, contrebassiste depuis quatre ans a intégré Lorenzo Naccarato Trio. Le label Laborie jazz a décidé de produire leur premier album.
(...) Leur album est une pure merveille. On l'écoute en boucle. Envoûtante, puissante, aérienne, chaque morceau est une pépite. Breccia, le début comme un souffle, prend de l'ampleur, le son de la contrebasse rond et feutré répond au piano, à la respiration de la batterie. Mirko is still dancing, un son décalé, aux couleurs métissées nous prend aux tripes. Heavy rotation, un son profond, un roulis de piano, et nous voila embarqué dans une foulée vers l'absolu, comme une libération.
Il y avait longtemps que nous n'avions pas eu une si belle surprise. Le trio va partir sur les scènes de Toulouse, Marciac, Limoges, Lyon et de l'île Maurice.

Marielle Merly



Jazz à tous les étages, Fidélité Mayenne, le 2 mars 2016

En écoutant l'album de Lorenzo Naccarato, j'ai pensé à cette ville lointaine aux rues poussiéreuses. À l'objet rare qu'on a trouvé au milieu de son marché en plein air. Une ville dont on a oublié le nom. J'ai pensé aux lumières de nacre d'une aube naissante. À l'éclat d'opale que reflète cet objet ramené d'un voyage et posé sur la commode Louis XV. L'album de Lorenzo fait partie de ceux, devenus trop rares, qui me procure encore un réel plaisir d'écoute. Encore un peu de temps, de tournées, d'expériences il deviendra un très grand musicien. Merci pour de tels albums.

[Diffusions les 2 mars à 14h00 et 6 mars à 14h00 et 23h00]

PROGRAMMATION MUSICALE

RAPHAËL IMBERT - Music is my home act 1
MAVIS STAPLE - Livin’on a hight note
GOGO PENGUIN - Man made object
LORENZO NACCARATO TRIO - Mirko is still dancing
PÉTER ROZSNYOI TRIO - Pain of an angel

André de Chabannes, journaliste Jazz à tous les étages



Flux jazzy, Le clou dans la planche, le 22 février 2016

Découvert au Bijou, le trio rebondit aussitôt au café associatif Chez Ta Mère, dans le cadre d'une carte blanche à Toulouse Acoustics.
Grondement de la contrebasse. Lent et dense, le frottement grave des crins de l'archet sur les cordes entame le concert, la vibration de l'instrument transmise au public vient lui rappeler, physiquement, la différence entre musique live et enregistrement.

Un trio cinétique
Tandis que les doigts de la main gauche du contrebassiste martèlent les cordes avec entrain ou les effleurent pour en extraire des harmoniques, la batterie prend la parole avec une diversité de rythmes, de sonorités et de nuances, comme si véritablement elle parlait, chuchotait ou, parfois, explosait. Loin de se cantonner au chabada ou à la walking bass, les deux instruments complètent les mélodies entêtantes du piano. Le corps ouvert, cordes et marteaux à nus, ce dernier s'expose aux gestes percussifs et incisifs du pianiste, qui lance ses riffs bien découpés comme si les touches lui brûlaient les doigts mais que, par plaisir ou provocation, il récidivait, avec toujours plus d'assurance et d'intention. Puis, comme pour s'excuser, le musicien se plie en deux, inclinant son torse jusqu'à toucher du regard son clavier ; les yeux rivés sur les touches, il les rassure de ses mains le temps d'une descente ou de quelques notes effrontément cueillies.
Puisant ses racines dans le jazz, ce jeune trio développe son style en faisant appel à d'autres styles ou techniques de musique et en explorant les possibilités de ses instruments.
Utilisant l'improvisation, les musiciens font de chacun de leurs titres une version unique à chaque représentation, exprimant quelque chose de l'instantané, de la réalité de leur ressenti, s'émancipant ainsi d'une forme trop clôturée, figée. Si leur musique possède des richesses de recherche, des passages assez conceptuels, des airs insaisissables, elle s'offre tout de même au spectateur d'une manière assez intuitive, voire obsédante, notamment par les mélodies du piano. Chaque morceau semble s'être construit et déployé autour d'une boucle de quelques notes, un thème qui se répète inexorablement, comme le riff minimal d'un morceau de musique électronique. Créant une sorte de mouvement, cet air s'impose, se fait décomposer, puis réatterrit dans les mains d'un autre musicien, jusqu'à ce que tous le rejoignent. Et au fil de cette circulation, plusieurs ambiances voient le jour, entre coups d'éclat et nappes méditatives, courses-poursuites et errances mélancoliques, jusqu'à ce que des côtés illustratifs de cette musique cinétique – comme le trio aime à la définir –, naissent des images, prémices d'une narration quasiment cinématographique.

Mouvement à plusieurs mains
À la fin d'Animal Locomotion, premier morceau de la soirée, la chaleur de l'éclairage et de la concentration a ôté leurs vestes aux trois jeunes gens. Lorenzo, le pianiste, prend la parole et présente au public son groupe ainsi que leurs intentions musicales. D'un discours simple, ponctué de quelques notes autobiographiques, il annonce l'esprit du trio âgé de quatre ans maintenant, et donne en quelques mots des repères musicaux ou des pistes d'interprétation, sans en dire trop, juste assez pour tenter de faire visualiser aux spectateurs les images ou les idées à l'origine de ce qu'ils entendent.
Si Lorenzo est à l'origine des compositions, c'est la rencontre des musiciens et leur travail collectif qui donnent véritablement naissance au groupe. De même, si quelques solos très expressifs et nourris de relief parsèment le concert, l'enjeu ne semble pas être dans la démonstration de technicité ni dans la prouesse orgueilleuse. Leur habileté est plutôt mise au service de la forme globale de chaque morceau, durant lequel ils se passent la parole, ou s'allient pour développer une idée. Fruit d'une exploration de leurs instruments respectifs, dont bien des angles sont exploités, et d'une construction inventive et sensible, leur répertoire véhicule une sensation de mouvement non seulement à l'intérieur des motifs sonores, mais également dans la forme de communication qui semble exister. Comme au sein d'un dialogue, d'une conversation, les idées et sensations circulent, s'échangent, à la fois entre eux et avec le public.
En plus de leur musique, c'est leur jeu qui nous fait découvrir leur univers : cette idée de circulation ou de communication s'entend bien sûr, mais elle se voit aussi. Lorsque leurs regards se croisent, entre deux phrases, pour placer ce qui va suivre avec la plus grande synchronisation. Lorsque, son instrument blotti devant lui comme s'il le faisait danser, le contrebassiste hoche la tête, souriant au passage que vient de jouer son collègue. Lorsque, enfin, le pianiste, délaissant du regard ses deux mains occupées à courir, lance un sourire aux spectateurs, transmettant le plaisir, la fierté sans prétention de ce qui est en train de se raconter.

Gladys Vantrepotte, Le clou dans la planche



2015

Interview du trio par le magazine Sur Les Rails, le 16 novembre 2015

Peux-tu nous présenter le trio ? Où, quand et comment s’est-il formé ?

Lorenzo : Le trio s’est formé en 2012 à Toulouse. J’étais étudiant en musicologie et je suivais un cursus Jazz au Mirail. C’est durant cette formation que j’ai rencontré Adrien (à la contrebasse) dans une masterclass animée par le contrebassiste Claude Tchamitchian dont l’approche, pleine de générosité et de simplicité, a été déterminante pour mon envie de me lancer dans la composition et dans un projet intime. Concernant Benjamin, à la batterie dans le trio, j’ai eu l’occasion de jouer avec lui un beau jour dans une salle de répétition à la fac et j’ai tout de suite su que c’était la meilleure personne pour monter ce projet : il avait la même manière de ressentir la musique que moi tout en me faisant rire et en me surprenant aussi. Voilà, le trio était formé…
On a répété deux mois et puis très rapidement j’ai souhaité que l’on ait de la matière enregistrée pour sceller notre rencontre et, plus prosaïquement, pour pouvoir faire connaître notre musique et démarcher. J’ai pris les gars par surprise en arrivant en répétition avec un ami ingé son et nous avons enregistré quatre titres en une après-midi. D’habitude une maquette se prépare un peu en amont mais nous on a procédé différemment !

Vous avez tous les trois d’imposants cursus musicaux et des expériences dans différentes formations aux esthétiques variées. Qu’est-ce qui vous a réuni autour du Jazz ?

Benjamin a suivi un cursus Classique en Musicologie à Poitiers. Très attaché à la musique sud-américaine et latine en général, il est le plus âgé du trio et il a pas mal voyagé et joué dans diverses formations… Il cite souvent le trio new-yorkais Medeski, Martin & Wood comme une rencontre décisive pour lui et pour son approche du jazz et du trio.
Le parcours d’Adrien est plus atypique car il s’est mis à la contrebasse assez tard – et intensivement – à 19 ans. Il joue également au sein des Pauvres Martins, groupe de chanson du Lot, et je pense que c’est par volonté de se rapprocher des musiques actuelles qu’il est rentré dans le cursus Jazz en Musicologie.
Pour ma part, je suis arrivé au jazz par le biais de la musique cubaine et du film Buena Vista Social Club qui m’a fortement marqué lorsque j’avais 14-15 ans. Très ému et touché par le pianiste Rubén González puis peu après par Bebo Valdés et d’autres, je me suis mis à jouer autre chose que le répertoire classique au piano et surtout je me suis ouvert à l’improvisation. L’autre rencontre hautement significative a été celle avec l’Italien Giovanni Mirabassi lorsque j’avais 18 ans. Grâce à ma mère qui l’a contacté en lui disant que je rêvais de le rencontrer et que c’était bientôt mon anniversaire, j’ai passé une journée entière aux côtés de ce grand artiste à Paris. Après ça, j’ai fait le choix d’être musicien et compositeur à défaut d’être interprète en italien qui était mon projet initial !

Vous créez un jazz cinématique, élégant, aérien, émotionnel. Qui se suffit amplement à lui-même en live mais que vous aspirez peut-être à associer à de la vidéo ou à d’autres formes artistiques ?

Il existe toujours un espace intéressant et riche à explorer entre différentes formes d’art. Ces derniers mois, nous nous sommes penchés sur notre scénographie et sur l’idée d’inclure des projections. Toutefois, à la réflexion, nous sommes revenus sur cette première idée pour deux raisons. La première, parce que souvent les gens du public viennent nous voir et nous disent que notre musique est très sensorielle et visuelle et qu’ils ont ressenti ou vu telle ou telle chose. En plaquant des images sur notre musique, nous prendrions le risque d’empêcher cette part d’imaginaire et d’évocation qui, jusqu’ici, est laissée à chacun. Deusio, parce que nous pensons qu’il est plus bénéfique pour nous de travailler notre état de présence, notre façon de communiquer sur scène, entre nous trois et avec le public, notre façon de « raconter » une musique entièrement instrumentale.

Votre nouvel EP 5 titres, est à la fois délicat et fougueux. Toutefois cet EP ne saurait transporter et « dire » toute la part d’improvisation qui intervient dans vos concerts, je me trompe ?

Non, c’est juste, même s’il y a déjà des parts d’improvisation dedans, il est évident que le concert permet un lâcher-prise bien plus important ! Nous avons enregistré ce nouvel EP à la Cinémathèque de Toulouse et nous n’avons quasiment conservé que les premières prises. Bien que les conditions techniques ne fussent pas optimales, je suis vraiment heureux du résultat. En concert comme dans les répétitions, c’est vraiment formidable de jouer avec Benjamin et Adrien car nous cultivons tous les trois une sorte de renouveau permanent des idées, de la matière… et les morceaux évoluent constamment et nous les jouons rarement deux fois de la même manière. Chaque instrumentiste a son espace de liberté, par exemple Benjamin a tout un solo où il joue de la batterie avec les mains comme un percussionniste ; y’a beaucoup de moments où Adrien se retrouve seul à la contrebasse acoustique ou soit il en joue avec l’archet ou soit encore avec des effets… Peut-être que la manière dont nous improvisons est moins perceptible au prime abord parce que nous ne sommes pas dans la démonstration, contrairement à pas mal de groupes que l’on a pu croiser dans les tremplins ou les festivals de Jazz. Nous ne sommes pas dans le « show », plutôt dans « l’énergie ». On souhaite que notre musique reste accessible et qu’elle emporte le plus de monde avec elle.

Quelles ambitions/envies maintenant que ce nouvel EP est entre vos mains ?

De continuer à travailler comme on le fait avec un rythme régulier de concerts, ce qui est déjà beaucoup ! Des concerts essentiellement régionaux actuellement même si nous sommes partis en tournée en Bretagne, et en Espagne prochainement. On aimerait bien aussi être programmés dans des festivals ou scènes de musiques actuelles, dans des endroits où le public n’est pas forcément féru de jazz a priori. Dans ce sens cet été on a joué dans des musées, à la Librairie Ombres Blanches aussi… On aimerait également être entourés pour toute la partie administrative, le démarchage, etc., car c’est usant et cela demande énormément de temps et d’énergie que l’on aimerait plutôt injecter dans le travail de création.

Si votre musique pouvait changer quelque chose dans le monde, ce serait quoi ?

Cet été on a gagné un tremplin au Festival Jazz à Oloron (64) et on a joué quarante minutes sur la scène du festival off. Grand moment d’émotion car le public a applaudi chacun des morceaux par une standing ovation et on a ressenti une communion incroyable ce jour-là. Je pense que si nous n’étions pas généreux dans notre musique et notre façon de la faire exister, ce rapport, cet échange ne serait pas possible. Là, il était juste exponentiel ! Et le public ce jour-là nous a donné une énergie qui nous a comblés et motivés pendant des mois !
Pour te répondre, je dirais donc : plus de générosité et réunir les gens.

Si tu étais un tableau ? Un poème ? Un film ?

Un tableau : Now’s the Time, de Jean-Michel Basquiat
Une poésie : Passionnément, de Gherasim Luca
Un film : Les Lumières de la Ville, de Charlie Chaplin

Mag, Sur Les Rails, l'indic des accros du live



Rencontre à Musicàdiz sur Onda Càdiz, le 16 novembre 2015

Lors de la tournée en Espagne, une petite halte sur Onda Càdiz, la chaîne gaditana.



Lorenzo Naccarato Trio, Le Télégramme, le 10 novembre 2015

Le jeune pianiste franco-italien Lorenzo Naccarato l’explique presque d’emblée : il est animé par la volonté de créer le mouvement entre les musiciens. Pas d’images en fond d’écran : ça, c’est au maigre public de les dessiner mais qu’importe au fond. Le trio – complété par le contrebassiste Adrien Rodriguez et le batteur Benjamin Naud – fait corps et manifeste un appétit vorace lorsqu’il récite une leçon un brin savante, certes, mais jamais obscure.

« Shapes And Shadows » et « Animal Locomotion » font mouche : c’est une musique nimbée de mystère, mitonnée avec cette volonté de la jouer différemment. Il faudra réécouter ce groupe dans d’autres circonstances – il le mérite ! Pour mémoire, le Lorenzo Naccarato Trio a été primé lauréat du tremplin jazz à Saint-Germain-des-Prés il y a deux ans. Le potentiel est là, sans aucun doute. Il ne reste plus à nos trois gaillards qu’à forcer le destin pour se faire un nom auprès du public.

Gilles Carrière



Le festival Plouër in Jazz monte en puissance, Côte Ouest, le 9 novembre 2015

Le festival Plouër in Jazz a fêté, samedi, sa septième année d'existence. Comme d'habitude, la salle des fêtes a atteint le niveau haut de sa jauge, avec l'accueil de 400 à 500 spectateurs. Le festival monte doucement en puissance depuis sa naissance, sa proposition éclectique parvenant toujours à toucher un large public, y compris local. (...)

Lorenzo Naccarato Trio, la découverte.

Le LNT construit un univers musical empruntant au jazz, à la musique classique et à la musique de films. Le public l'a ovationné, samedi.

Vous êtes un public de fous, ici en Bretagne, merci !

Quelques mots émus face à l'ovation d'un public debout pour saluer la performance de Lorenzo Naccarato, Adrien Rodriguez et Benjamin Naud, les Toulousains du Lorenzo Naccarato Trio et leur jazz cinématique, ciselé et fluide.
C'était la dernière date en Bretagne, avant de partir faire une tournée en Espagne, de ces très jeunes musiciens (26, 28 et 32 ans), vainqueurs du Tremplin jazz de Saint-Germain-des-Prés en 2013 et du tremplin 2015 du festival Des rives et des notes, à Oloron-Sainte-Marie.

Nous avons rencontré beaucoup de gens bienveillants depuis la création de notre formation, en 2012 ; en particulier le pianiste Andy Emler, qui nous donne des conseils précieux. Notre jazz s'est organisé autour de l'idée de mouvement. Chaque composition doit faire saisir des mélodies simples à un public profane et l'emporter dans un voyage. Mes deux compères enrichissent beaucoup mes morceaux, ils ont en quelque sorte le rôle d'arrangeurs.



Jazz cinématique : LNT en concert à Rennes, Unidivers.fr, le 2 novembre 2015

Mercredi 4 novembre, le Lorenzo Naccarato Trio débarque à Rennes pour présenter son nouvel E.P Cinematic Session. Le trio jazz, fondé par le pianiste franco-italien Lorenzo Naccarato avec Benjamin Naud à la batterie et Adrien Rodriguez à la contrebasse, vous attend à 21 heures à la Cour des Miracles pour un concert insolite et unique.
Pianiste et compositeur, Lorenzo Naccarato a étudié pendant dix ans le piano classique, en se confrontant aux partitions de Liszt, Ravel ou Chopin pour n’en citer que quelques-uns. Cette expérience a laissé des traces dans ses compositions. Mais, c’est à l’âge de 18 ans, suite à sa rencontre avec le pianiste jazz Giovanni Mirabassi, que Lorenzo choisit de devenir pianiste professionnel et d’entreprendre un parcours jazz. Il s’inscrit en musicologie à Toulouse, où il deviendra le spécialiste de l’impro jazz. En 2012, le pianiste rencontre Benjamin Naud et Adrien Rodriguez. Avec eux, l’affinité est instinctive et immédiate. Le trio forme le Lorenzo Naccarato Trio.
Ainsi que nous l’a confié Lorenzo :

Jeudi soir, à la Cour des Miracles, le public doit s’attendre à une musique qui reste ouverte aux passionnés de jazz mais pas uniquement. On cherche à garder une approche différente à chaque fois que l’on joue nos morceaux.

Le leader de la formation explique en quelques mots sa production musicale :

Cinématique, c’est le mot idéal pour définir ma musique, car elle développe un imaginaire visuel. Nos morceaux ont la capacité d’imprimer dans la tête des auditeurs beaucoup d’images, comme des films que l’on peut raconter ou tisser. Cinématique – continue-t-il – est aussi une référence au travail d’un photographe, Eadweard Muybridge, sur la décomposition du mouvement. Un travail très musical, très rythmique, qui m’a beaucoup influencé dans mes compositions.

Rendez-vous mercredi 4 novembre 2015 à 21 heures à la Cour des Miracles afin de découvrir ce trio jazz original et créatif.



Rencontre avec Charles Schaettel, aux Musicophages, le 31 août 2015

À l'occasion de la toute prochaine sortie de notre EP, nous avons proposé à Charles Schaettel de nous rencontrer aux Musicophages.



Interview du trio au Millau Jazz Festival, Radio Larzac, le 12 juillet 2015

Entretiens menés par Nicolas Wöhrel, à l'occasion du concert au Millau Jazz Festival.



Terre de Jazz, 6e édition : le bouquet final, Jazz Magazine, le 29 mars 2015

On retiendra le Lorenzo Naccarato Trio dont les improvisations libres lorgnent aussi bien du côté de la musique française, Fauré et Satie, que vers Enrico Pieranunzi ou Giovanni Mirabassi.

Jacques Aboucaya



Querbes : jazz autour de minuit, La Dépêche du Midi, le 5 février 2015

La saison au coin du cantou de Querbes s’est poursuivie ce samedi de fort belle façon, malgré le vent, la pluie et la neige. Le public, installé devant la cheminée, a fait la fête au duo du batteur Benjamin Naud et du jeune pianiste Lorenzo Naccarato.
Avec juste raison, car Lorenzo possède un jeu précis, sensible, plein d’élégance et de retenue, même dans les forte. Et Benjamin, le batteur, jouant le plus souvent à mains nues, partage cette minutie et cette élégance. Le concert débuta par un bel hommage au pianiste cubain Ruben Gonzalez qui savait, comme Lorenzo, faire chanter le piano. Que ce soit dans ces évocations cubaines, dans leurs propres compositions ou leurs versions de grands classiques comme « Round about midnight » de Thelonious Monk, les deux musiciens complices firent en quelque sorte déborder leur bonheur de jouer et le public, comblé, sut les porter tout au long des deux heures et quart du concert. Ce furent des applaudissements debout qui conclurent cette chaleureuse soirée. Ceux qui avaient eu la chance d’entendre ces musiciens, en août dernier, dans la grange de Querbes, et ceux qui les découvraient ce samedi n’avaient qu’un seul mot : ces deux-là iront loin ! La soirée se prolongea bien tard devant la cheminée : ici on partage quelques heures de musique mais aussi un moment de fraternité.



2014

La Pause Musicale, La Dépêche du Midi, le 23 janvier 2014

Le pianiste Lorenzo Naccarato aujourd’hui en trio Salle du Sénéchal, dans le cadre de La Pause Musicale. Une série de concerts gratuits à l’heure du déjeuner toujours très appréciée du public. Après plusieurs années en piano solo et des études universitaires en musicologie jazz, Lorenzo Naccarato a eu envie de développer un répertoire de compositions pour trio.

Lorenzo : Il n’est jamais facile de choisir les bonnes personnes avec lesquelles on peut se lancer dans une telle aventure. Les qualités humaines et musicales d’Adrien et Benjamin, rencontrés fin 2011 m’ont poussé à concrétiser ce projet professionnel. Notre musique porte l’héritage de musiciens d’horizons et d’époques multiples. En outre, le travail de recherche que je mène sur la musique de Thelonious Monk, et plus précisément sur son rapport au silence, a incontestablement modifé mon jeu

Salle du Sénéchal (17 rue de Rémusat) ce jeudi 23 janvier à 12 h 30. Entrée libre.



Le focus du mois, Les Musicophages, le 10 juin 2014

Afin de mieux vous faire connaître les groupes que nous accompagnons, nous vous proposons tous les mois un focus sur un artiste. Pour ce mois de juin, nous vous proposons l’interview de Lorenzo Naccarato Trio. Composé de Lorenzo Naccarato au piano, Benjamin Naud à la batterie et Adrien Rodriguez à la basse, le trio de jazz, représenté par Lorenzo et Benjamin ce jour­-là, se prête au jeu de l’interview.

Quel a été votre parcours musical?

Lorenzo : J’ai commencé par des cours particuliers de piano classique, de 7 à 18 ans. J’avais 15 ans quand le film Buena Vista Social Club est sorti, et ça a été un tournant dans mon rapport à la musique. J’ai commencé à me passionner pour ce répertoire, par le prisme des pianistes cubains Ruben Gonzales, Bebo Valdes ou encore Roberto Fonseca.
Par la suite, je suis arrivé à Toulouse pour intégrer une prépa en lettres. Mais j’ai rapidement réalisé que ce parcours était peu compatible avec une pratique soutenue du piano. J’ai donc pris la décision d’entrer en Musicologie spécialisation Jazz, à l’Université Jean­Jaurès (Mirail).
J’ai étudié cinq ans, jusqu’au Master 2, et ai mené un travail de recherche autour du silence dans la musique de Thelonious Monk. Dans le cadre de ma formation universitaire, j’ai eu l’opportunité de suivre plusieurs Master Class à Marciac, et j’ai également participé à une résidence encadrée par le contrebassiste Claude Tchamitchian. Cette expérience a été déterminante dans mon développement musical, en tant que pianiste et que compositeur.
Ludovic Florin, Professeur et Directeur de recherche de l’université, a beaucoup compté dans mon parcours.
En parallèle à mes études je suis pianiste professionnel depuis mes 19 ans.

Benjamin : J’ai commencé la batterie à 10 ans. Après mon BAC, j’ai suivi un cursus jusqu’en Master en Musicologie à l’université de Poitiers. Je suis parti en Espagne pendant un an. Là­-bas, j’ai joué avec plusieurs formations, découvert plusieurs styles musicaux (flamenco, musique latino-­américaine). Je suis ensuite arrivé sur Toulouse avec la volonté de me professionnaliser dans la musique.
J’ai alors intégré en amateur l’école Music’Halle avec comme professeur Jean­Denis Rivaleau et Carsten Weinmann. J’ai aussi fait des ateliers Jazz avec Laurent Marc et Richard Calléja. Parallèlement, je suis entré au conservatoire de Toulouse en cycle jazz pendant 2 ans. J’y ai rencontré Christian « Tonton » Salut, avec qui j’ai suivi des cours à l’école Agostini pendant trois ans.
C’est en rencontrant les Mannish Boys, un groupe de blues, que j’ai commencé à être musicien professionnel. Avec eux, j’ai enregistré mon premier disque, en 2010, et fait plus de 150 concerts en France et en Europe.
En parallèle de toutes ces activités, j’ai monté le groupe Swing machine, qui a sorti un disque enregistré au studio Condorcet en 2012. Cette même année, nous avons participé à plusieurs festivals de jazz dont Jazz sur son 31, Jazz en Comminges, Terre de Jazz, Jazz à Collioure, etc...).
En 2012, j’ai aussi joué sur l’enregistrement du dernier disque de l’artiste brésilien Carlos Papel, et participé à la tournée qui a suivi, en Espagne. De 2012 à 2014, je me suis davantage concentré sur le travail du Lorenzo Naccarato Trio et d’autres nouveaux projets comme le quartet Vavang, bientôt en écoute sur le web.
J’ai aussi eu l’occasion de travailler avec Lorenzo dans le projet « Les Inoubliables du Cinéma italien » , avec qui nous nous sommes produits au TNT, en février dernier. Pour la suite, je ferai une tournée pour le début de l’automne avec Alberto Mvundi, artiste Angolais qui se produit de puis une vingtaine d’années en Espagne.

Lorenzo : « Les inoubliables » est un événement qui fait parti de mon histoire en tant que franco­italien. Reprendre et s’approprier la musique de Nino Rota, Morricone était quelque chose de très important. C’est Rocco Femia, producteur et surtout rédacteur de la revue Radici, qui nous a vu en trio et nous voulait pour ce projet. Adrien n’a pas pu en faire parti à cause d’un manque de disponibilité.

Adrien : Initialement bassiste, il découvre à 18 ans la contrebasse classique au Conservatoire de Toulouse, où il est diplômé en troisième cycle. Il décide alors de se spécialiser dans l’étude du jazz et obtient en 2012 la licence de musicologie jazz à l’Université de Toulouse Jean­Jaurès (Mirail). Depuis le début, il évolue en parallèle dans le milieu des musiques actuelles au sein du groupe « Pauvres Martins » et « Gabriel Saglio et Les Vieilles Pies ».
C’est à l’Université que se fait la rencontre avec Lorenzo, au cours d’un master classe de Claude Tchamitchian.

L’alchimie musicale et humaine se créant, c’est naturellement qu’il intègre le trio. Aujourd’hui il partage avec Benjamin le rôle d’arrangeur officieux. Les deux acolytes « mettent les mains dans le moteur » afin de magnifier les compositions sans cesse renouvelées de Lorenzo.
À la fois pilier et élément perturbateur de la musique, Adrien a trouvé dans ce trio une façon de s’accomplir pleinement en tant que musicien.
Et pour le trio, quel parcours ?

Lorenzo : Au début, je faisais trois quatre concerts par semaine en restaurant. Je n’avais pas l’idée de devenir compositeur, de porter un trio à mon nom. Je n’avais pas rencontré les personnes avec lesquelles me lancer dans un tel projet.
J’ai connu Adrien à l’université, en cours de musicologie jazz à l’Université Jean­Jaurès (Mirail) au cours de la Master Class avec Claude Tchamitchian. Adrien est un musicien qui n’a pas du tout un son conventionnel, identifiable à un son de contrebassiste jazz. Il se démarque dans sa musique, sa recherche par rapport au son.
Et puis c’est rare de trouver contrebassiste qui utilise l’archet en jazz, mais du coup, c’était assez compatible avec les idées musicales que j’avais envie de développer. Je me sentais en confiance avec lui.
Ensuite j’ai fait la rencontre de Benjamin. J’apprécie son jeu. Sans que l’on ait à discuter, il sait jouer avec l’espace, il sait comment se placer avec ce que je joue ou ce que je ne joue pas.

Benjamin : On a répété trois fois avec Adrien et Lorenzo avant d’enregistrer la maquette.
Elle nous a permis d’être sélectionnés aux tremplins Jazz à Vannes et Jazz à St Germain, duquel nous avons été lauréats pour l’édition 2013.
Suite à ça, on a suivi une formation avec le Studio des variétés en mars 2014. Il s’agissait d’une formation scénique avec Franco Mannara et une formation musicale sous la direction d’Andy Emler, pianiste qui joue avec Claude Tchamitchian. Cela nous a aussi permis d’avoir de nouvelles directions pour le projet. On a fait deux fois le festival Jazz en Cordée à Luchon, joué à la Pause musicale en janvier 2014, un très bon souvenir, au Sunset à Paris, au Mandala et à Ombres Blanches, à la Galerie Carré d’art de Cahors et à l’Impro à Toulouse.
On a pu aussi enregistrer un teaser avec Damien Beyrouthy. Je recommande d’ailleurs d’aller jeter un œil à ses travaux.

Comment travaillez-­vous vos compositions, quelles sont vos inspirations ?

Lorenzo : Je compose en piano solo. J’écris peu, je m’enregistre. Souvent, je ne comprends pas tout ce que j’invente, et l’enregistrement et les discussions avec Benjamin et Adrien m’aident à traduire mes idées, au niveau du solfège. Je passe 10 jours à partir d’une idée à la faire éclore, la polir, la répéter plein de fois.
C’est l’étape piano solo. Une fois que j’ai un objet riche et solide je demande à Benjamin de prêter une oreille à ça. On fait des répétitions tous les deux, piano batterie.
Géographiquement et temporellement, c’est incontestablement compliqué de se réunir à trois. On trouve généralement une bonne progression dynamique en piano et batterie, qui permet à Adrien de trouver rapidement sa place.
Bref, je définis l’esthétique globale de la pièce, et l’arrangement est façonné à trois.

Benjamin : Mes influences? Le jazz des années 50 à aujourd’hui, Miles Davis, John Coltrane, Chris Potter, Brian Blade, Tony Williams, Medesky Martin & Wood, James Brown, la musique traditionnelle du monde entier, Daniel Waro, Musique colombienne, Tom Waits, Christian Scott, Gainsbourg, etc.

Lorenzo : Erik Satie, Maurice Ravel, Nino Rota, Duke Ellington, Thelonious Monk, Bebo Valdes, Ruben Gonzales, Roberto Fonseca, Enrico Pieranunzi, Bojan Z, Avishai Cohen, E.S.T., Radiohead, Patrick Watson, la culture traditionnelle du sud de l’Italie que j’ai beaucoup écouté quand j’étais enfant.

Quels sont vos projets musicaux actuels et à venir ?

Lorenzo : Le projet du trio est promis à grandir. Les musiciens faisant partie du projet continuent à se consacrer à ça. On nous encourage à continuer ce travail.
On veut donner vie à un premier album qui viendrait concrétiser et achever le travail mené depuis deux ans. Cependant on ne se concentre pas que sur un projet musical, chacun voit se développer d’autres projets.

Benjamin : Ces projets nourrissent aussi le trio. Je ne veux pas me fermer à d’autres possibilités, à développer d’autres univers. J’ai aussi une grande envie de jouer à l’international, allier voyage et musique. C’est bien de rencontrer un autre public, de voir d’autres réactions.

Lorenzo: Le tout premier concert que j’ai donné j’avais 16 ans, dans le village de mon père. C’est un tout petit village. Il y avait un piano à queue, on avait tout installé avec ma famille. C’était très marquant, j’ai dû faire une affiche, un programme, me présenter. C’est une étape qui a beaucoup compté dans ma décision de devenir musicien : Vivre et faire en sorte de vivre des moments comme ça.
J’ai bien envie de retourner jouer en Italie. Vu comme le pays évolue, ça devient vital de faire vivre des moments comme ça en Italie.

Comment avez­-vous connu les Musicophages ?

Lorenzo : Ma copine, qui travaille au Château d’Eau, écrit pour la revue Multiprise. Avec un de ses collègues, ils m’ont parlé des Musico, puis j’ai lu un article dans Flash Hebdo. Je la remercie d’avoir su insister pour que je fasse la rencontre des Musicophages !

Benjamin : C’est Victor de The Roach qui était venu voir les Musico, il me parlait de ce qui se passait pour son groupe et de son adhésion aux Musicophages pour un accompagnement. Finalement c’est par le bouche à oreille.

Comment appréhendez­-vous les Musicophages, qu’attendez-­vous ?

Lorenzo : C’est tellement appréciable d’être soutenu par des personnes enthousiastes, rigoureuses et déterminées à bien faire leur boulot... et elles nous poussent à avancer avec ce projet. Des gens avec qui on aime dialoguer.
L’objectif idéal serait de décrocher un partenariat avec un label et un producteur, il y aussi la recherche de résidence. Mais l’idée ce serait de faciliter la mise en relation pour atteindre ces professionnels.



Les Cats se rebiffent, Côte Sud FM, le 7 avril 2014

cote sud

(extraits de l'émission radio de Bernard Labat)

Un trio qui est placé sous le signe de la jeunesse, du talent, de l’improvisation et de l’inspiration. Un projet qui nous interpelle, et dans lequel on sent déjà une grande complicité.
Sur votre dossier de presse, il y a une phrase magnifique de quelqu’un que j’aime beaucoup, l’écrivain Marguerite Yourcenar. Elle dit : jusqu’à ce qu’une musique ait cessé, elle reste en partie plongée dans l’avenir. Il y a quelque chose d’émouvant, pour l’improvisateur, dans cette élection de la note qui va suivre. Vous avez tenu à l’inscrire sur votre dossier de presse.

Je trouve cette phrase d’une profonde justesse.

La filiation italienne. Vous revendiquez un héritage de deux pianistes qui, pour moi, sont extraordinaires : Enrico Pieranunzi et Giovanni Mirabassi.

Il existe a une vraie filiation entre Mirabassi et Pieranunzi. J’ai eu la chance de faire la connaissance de ces deux musiciens.

Votre trio accorde une place indéniable à l’improvisation. Mais dans le même temps, les trois musiciens ont une formation classique et l’on sent qu’il n’y a aucun reniement de cet héritage.

On est vraiment dans une union d’une création jazz et d’une parenté classique. Réunir et confondre une approche jazz et une approche classique de la musique est une démarche qui peut rappeler celle d’Enrico Pieranunzi. Dans mon cas, des compositeurs comme Ravel, Debussy ou encore Satie font partie de mon univers musical.

On se laisse tout de suite porter, un brin d’audace rythmique qui relance la machine. On a l’impression que vous ne vous interdisez rien. Que pour vous, l’essentiel, c’est d’arriver au bout de ce que vous voulez dire.

Ce qui est particulièrement enthousiasmant pour nous, dans ce projet, c’est de rendre notre langage intelligible pour un auditeur. Rythmes sophistiqués qui ne soient pas une limite à la créativité.



Interview du trio à la galerie Carré d'art, MÉDIA 46, le 14 mars 2014



2013

Cahors. Lorenzo Naccarato Trio a joué à Carré d’Art, La Dépêche du Midi, le 4 avril 2013

Carré d’Art a organisé un concert de jazz avec Lorenzo Naccarato Trio samedi soir. Au milieu des tableaux d’Evelyne Cassan, le trio (Lorenzo au piano, Adrien à la contrebasse, Benjamin à la batterie) a joué ses compositions jazzy avec de superbes envolées classiques par moments et syncopées d’évocations trip-hop, jungle et rock par petites touches successives. Ils passeront au Sunset, club de jazz réputé, à Paris le 19 mai, et sont finalistes du tremplin Jazz à Saint-Germain. "Rendre simple à l’écoute ce qui est complexe dans l’écriture et la structure, cela nécessite un certain travail de réflexion" explique Lorenzo, créateur du trio.



Cahors. Jazz contemporain demain, La Dépêche du Midi, le 29 mars 2013

Demain à partir de 20h30, le trio Lorenzo Naccarato est à découvrir à la galerie Carré d’Art à Cahors (46 rue Pelegry). Cette formation est composée de Lorenzo Naccarato au piano, Benjamin Naud à la batterie et Adrien Rodriguez à la contrebasse. Le trio de jazz contemporain accorde à l’improvisation une place privilégiée, sans pour autant renier un héritage classique. Il revendique l’influence de musiciens comme Gabriel Fauré ou Erik Satie et une esthétique proche du trio suédois E.S.T., et parfois de celle du groupe anglais Radiohead.



Interview enregistrée sur Radio Antenne d’Oc, à Cahors, le 29 mars 2013.

antenne oc

Qui sont les membres du Lorenzo Naccarato Trio ?

Ce trio réunit Adrien Rodriguez, contrebassiste, et Benjamin Naud qui assure la batterie et les percussions. Je suis moi­même le pianiste et compositeur de ce répertoire.

C’est une formation qui existe depuis combien de temps ?

C’est récent. Nous nous sommes rencontrés il y a a peu près deux ans à Toulouse. Le projet en lui­-même a vu le jour il y a un an puisque le titre que nous venons d’écouter a été enregistré en juin 2012. Nous nous sommes rencontrés à un bon moment, j’arrive à la fin d’un parcours universitaire où j’ai étudié la musicologie à l’Université Toulouse­2 Le Mirail, un parcours axé sur le jazz. Nous avons suivi la même formation avec le contrebassiste Adrien. Benjamin est un peu plus âgé et à eu différentes formations. Nous avons tous les trois éprouvé le désir de nous consacrer à une musique improvisée. Le répertoire du jazz et mes compositions sont tombées à point nommé.

Contemporain quand même ?

C’est vrai que nous avons tous les trois un bagage assez standard qui a une culture commune, une pratique commune, un langage/des repères qu’on partage. Après, sur ce répertoire là, il y a cette volonté de ne pas renier une influence classique, vous avez pu écouter que j’utilise beaucoup le son de l’archet. Adrien a notamment étudié la contrebasse classique et également des influences rock. Dans mes compositions, une influence majeure est le travail du groupe suédois E.S.T dont le pianiste est décédé il y a quelques années ; leur musique a provoqué un certain bouleversement dans la sphère du jazz au niveau mondial, et je pense que c’est lié à cette capacité à fédérer et à réunir un public très varié, constitué autant de passionnés de jazz que de musique plus pop. Je pense qu’on partage ce même idéal là à travers le projet Lorenzo Naccarato Trio.

Avant que la formation existe, il y a aussi eu des parcours musicaux individuels. J’ai découvert des morceaux en piano solo.

Il s’agit de pistes que j’ai enregistrées moi même. Une influence majeure a été pour moi la musique cubaine. Notamment à la sortie du film Buena vista social club, je me souviens avoir été vraiment bouleversée par le pianiste Ruben Gonzales et puis je ne peux oublier Bebo Valdes aussi, décédé hélas la semaine dernière. L’influence des pianistes cubains a pour moi été capitale. Quant aux influences des deux autres musiciens, Adrien joue dans plusieurs formations de chanson française : Les Pauvres Martins et Les Vieilles Pies. Quant à Benjamin, il a aussi un amour pour la musique sud américaine et il a beaucoup joué blues. Je pense qu’on s’est retrouvé tous les trois vraiment réunis, il y a une belle cohésion sur le répertoire du trio. On trouve l’espace qu’on recherche aujourd’hui.

Le trio va être finaliste au Tremplin de Jazz à Saint Germain à Paris.

C’est un bel encouragement des premiers efforts qui ont été réalisés en moins d’un an. Nous irons don au tremplin le 19 mai prochain.

Par rapport à la création et à la composition, comment viennent les titres ?

Cette année il y a des colloques organisés assez régulièrement et un a été consacré aux choix des titres des pièces artistiques. Il y a vraiment matière à beaucoup se questionner au moment de choisir le titre d’une oeuvre. Pour moi le titre est le premier message et la première interface entre le créateur et le public. Se pose la question de donner une clef de lecture au public, ou au contraire de privilégier le mystère. Dans mon cas, j’essaie d’être attentif à la sonorité des mots que j’emploie et au choix de la langue. J’essaie que ce soit une invitation à la découverte.

En même temps je pense que par rapport aux titres qui émergent il y a quelque chose qui se fait vraiment à l’intérieur. Donc le mystère il est là.

Il y a une imprégnation très riche, je passe du temps à lire, à regarder les travaux de plasticiens. Par exemple je voudrais mentionner le travail du photographe Edward Muybridge, un des pionniers de la photographie. Un de ses travaux, qui m’a particulièrement impressionné, s’attachait à décrypter le mouvement des animaux. Son travail a permis de résoudre une polémique sur le galop du cheval : est­ce que le cheval est à un moment en suspension dans l’air ou est­ce qu’il est toujours en contact avec la terre ? Ce travail là m’a beaucoup plu et influencé. Le titre Animal Locomotion fait référence à ses travaux.

Il y a des analogies comme des passerelles qui se font finalement entre l’image, la musique, tout ce qui est inspirant. Une espèce de joyeux mélange, une alchimie qui vient et sort de la composition jusqu’au titre.

Pour revenir sur la composition je travaille dans un premier beaucoup en piano solo. Il y a une étape capitale qui est la mise en commun. Mes collègues ont une ici une intervention tout à fait créatrice sur le résultat. Il y a une grande attention et écoute des uns envers les autres ; il sont suffisamment connectés à mon esprit pour anticiper et comprendre la direction que je souhaiterais donner à ma musique ; mais ils peuvent aussi me surprendre et me proposer des choses, des déformations. C’est une matière qui reste vivante et doit laisser sa place à chacun des trois musiciens. Je pense que la question de l’espace est capitale dans la musique et le jazz en particulier. C’est une des leçons que je retiens suite à l’écoute et les recherches que j’ai menées sur la musique de Thelonious Monk : être toujours attentif à l’espace quand on joue en groupe.

L’espace qui permet justement ce dialogue musical, qui permet de s’enrichir avec la complicité entre les musiciens. Quelle est la place de la scène pour toi ?

Je pense qu’il y a un excès dans le jazz, dont je me méfie. Parfois, les musiciens et les instrumentistes s’isolent, cherchent avant tout à montrer tout le panel de leurs qualités techniques. Je ne me reconnais pas dans cette démarche. Je préfère considérer la scène comme un allié ou un partenaire à l’élaboration. D’un point de vue musical, j’essaie de privilégier la clarté, en faisant des phrases qui puissent être intelligibles et qui ne soient pas perçues comme une frontière ou une volonté de s’isoler. Ce que l’on fait, ce ne sont pas des choses simple à réaliser, mais je veux que ça en ait l’illusion.

Un nouvel espace qui s’ouvre, espace de rencontre avec le public.



Article publié sur la web revue italienne Moolis, le 27 mars 2013

Nous avons rencontré Lorenzo un soir de février, à Toulouse. Il faisait froid et nous sommes entrés dans un bar où il se produisait avec son trio, accompagné par le contrebassiste Adrien rodriguez et le batteur Benjamin Naud. Il nous est apparu tout de suite certain que cette soirée serait spéciale, et qu’on ne l’oublierait pas de si tôt. Une de ces soirées que l’on se remémorerait, et qui nous donneraient tout de suite le sourire. Pendant une heure et demie, le jazz s’est uni à la musique classique, offrant au public une atmosphère profondément évocative. Nous n’avons pas résisté à l’envie d’échanger avec Lorenzo, qui nous a mieux présenté son projet.

Lorenzo, commençons par le trio. Si tu pouvais donner une définition non conventionnelle de votre musique, que dirais­-tu ?

Je dirais qu’il est très difficile de définir un processus aussi intime et mystérieux. La seule chose que je peux affirmer, en qualité de leader, c’est que je cherche à animer mes intuitions musicales, avec «une rigueur obstinée», pour reprendre les mots de Léonard de Vinci.

Ta musique accorde à l’improvisation une place de choix. Tu as affirmé vouloir unir un processus créatif jazz à une musicalité classique, qui peux rappeler l’esthétique proposée par le trio suédois E.S.T. et le groupe Radiohead. Combien vous sentez-­vous influencés, comme trio, par ces deux groupes ?

Avant tout, il me semble primordial de soigner, avec une grande attention, les sons et les timbres choisis par chacun des membres du trio. En ce qui concerne les influences citées, je dirais que leurs esthétiques concordent avec les miennes. Autant E.S.T. que Radiohead ont réussi à conquérir un public très éclectique, en dépassant les étiquettes. Au delà de ressemblances musicales, je me reconnais aussi dans ce désir d’ouverture.

Comment est née la collaboration entre vous ?

Après plusieurs années consacrées au piano solo, l’envie de développer mon travail en trio s’est manifestée. Il n’est jamais simple de choisir les personnes justes, avec lesquelles entreprendre une telle aventure. Il s’agit souvent d’un pari. Même si j’ai initié notre rencontre en 2012, l’envie de travailler ensemble a tout de suite été réciproque. Les qualités humaines et musicales d’Adrien et de Benjamin m’ont poussé à concrétiser ce projet professionnellement.

L’étude du jazz et de la musique classique ont été parallèles ? Y ­a­-t-­il une personnalité du jazz ou de la musique qui t’a particulièrement touché ? Pourquoi ?

Nous avons tous les trois suivi des parcours assez similaires : après une formation classique, nous avons choisi de nous orienter vers davantage d’indépendance, à travers l’étude de l’improvisation jazz. En ce qui me concerne, j’ai été marqué par des musiciens d’horizons variés (Erik Satie, Maurice Ravel, Chopin, Bach, Ruben Gonzales, Bebo Valdes, Duke Ellington, Bill Evans, Bojan Z, Giovanni Mirabassi, Enrico Pieranunzi...). Toutefois, s’il ne fallait en choisir qu’un, je dirais Thelonious Monk. Il a impressionné ma conception de la musique de manière déterminante. Je mène d’ailleurs un travail de recherches universitaires sur son approche du silence, dans sa musique. Ce qui me frappe le plus, c’est sa faculté à avoir élaboré une technique pianistique unique, toujours au service d’une créativité sans limite.

Tu es à moitié italien. Combien te sens-­tu italien ? Et surtout, crois­-tu que la crise globale ait eu des conséquences sur la vie des musiciens ? Est­-il plus dur d’être musicien en France ou en Italie ?

Autant mon papa calabrais que ma maman française m’ont transmis l’amour de la culture italienne, de la langue, de la musique et évidemment de la cuisine. Je dirais que j’ai toujours été très heureux d’être un «mezzo­ mezzo», même si en matière de foot, je me sens pleinement italien. Pour moi, qui ai grandi en France, il est difficile de juger la difficulté d’être musicien en Italie. Il est certain que la crise actuelle rend la situation de chacun plus précaire, mais je pense que dans n’importe quel coin du monde, être un bon musicien implique énormément de sacrifice et de sueur.

Peux­-tu nous donner quelques anticipations sur tes projets futurs ? Feras-­tu un saut en Italie pour jouer ?

Aujourd’hui, je me consacre beaucoup au trio, même si je n’abandonne jamais le piano solo. Le piano solo est une forme qui m’a toujours fasciné ; peut­-être parce qu’elle nécessite une exigence extrême, et que dans le même temps, elle te laisse une liberté spéciale. Pour vous donner quelques nouveautés, je vais participer à un projet musical autour des musiques du cinéma italien. Nous jouerons la première au TNT (Toulouse), d’ici un an. Et je suis très heureux de vous communiquer une autre belle nouvelle : nous participerons à la finale du tremplin Jazz à St Germain, à Paris, le 19 mai. Enfin, j’espère vraiment retourner en Italie pour quelques concerts, pourquoi pas dans votre belle région ?